N° 3 - Des offensives meurtrières et sans résultats

24 mars 1917. Un groupe de soldats des "10th Scottish Rifles" sortent de la tranchée de première ligne et s’engagent dans le no man’s land.
Imperial War Museum

Contrairement à une légende colportée par les récits bellicistes au moment du conflit, la baïonnette n’a été responsable que d’une proportion infime des morts de la Grande Guerre, moins de 1%. Les grandes faucheuses, ce sont les mitrailleuses et, surtout, l’artillerie. On passe donc, au cours de la Grande Guerre, d’une guerre de fantassins à une guerre du matériel, appuyée par une gigantesque logistique.


Malgré le renforcement considérable des lignes de défense allemandes, dès l’hiver 1914-1915, les états-majors français et britanniques ont persisté, entre 1915 et 1917, à lancer des offensives d’infanterie massives, avec un scénario toujours identique. Après l’épisode humaniste et anecdotique des trêves de Noël 1914, les Français et les Britanniques ont lancé des assauts, avec des masses de fantassins, en 1915, sur la colline de Notre-Dame-de-Lorette, sur la crête de Vimy, sur la crête d’Aubers, sur la plaine de Gohelle. S’y déroulent d’épouvantables carnages, avec des pertes par dizaines de milliers, l’utilisation des gaz, à partir de septembre 1915, sans aucun résultat stratégique.

 

Après le déclenchement de la bataille de Verdun, en 1916, les troupes françaises sont relevées sur le front d’Artois par les Britanniques. Le général Haig déclenche sans répit des attaques meurtrières : la première aboutit au massacre des soldats australiens, à Fromelles, en juillet 1916 ; la découverte, en 2008, d’une fosse commune, contenant 250 corps, a fait connaître ce petit village des Weppes dans le monde entier.

À la fin de l’année 1916, les Allemands édifient un formidable système défensif, la ligne Hindenburg, protégée par d’immenses réseaux de barbelés et truffée de milliers d’abris bétonnés pour les mitrailleuses. Ils évacuent une centaine de villages, après en avoir chassé la population, pour se retrancher derrière cette forteresse. Leur retrait s’accompagne d’une destruction systématique, à l’explosif, de l’ensemble des constructions, qui laissent les troupes Britanniques qui s’avancent dans un véritable désert.

En avril 1917, les Britanniques lancent une offensive de très grande ampleur devant Arras. Si les Canadiens remportent, en deux jours, un succès exceptionnel sur la crête de Vimy, les troupes anglaises, après une avance initiale se trouvent engagées dans une bataille d’usure, sans résultat. Une seconde attaque, en novembre, devant Cambrai, est marquée par l’emploi massif d’une arme nouvelle, les chars d’assaut. Mais après la surprise et la terreur du début, les Allemands contre-attaquent et regagnent le terrain perdu.